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Le P’tit Kersalic n°67

LES MÉTIERS DU SOIN

PARCOURS D'UN AIDE SOIGNANT

Cette semaine, j’ai rencontré Brice, aide-soignant engagé, pour qui le métier se tisse dans la justesse des mots et l’attention portée à l’autre. Au cœur du village de Kersalic, où l’habitant demeure au centre, il raconte comment, jour après jour, il cherche à insuffler un peu d’enchantement dans la vie de nos aînés.

Quel a été votre cheminement pour intégrer le secteur médico-social ?

Brice : L’envie d’aider l’autre a toujours été là. Mon grand frère était infirmier, et ce qu’il vivait dans son univers professionnel éveillait déjà chez moi le désir d’être utile. J’ai compris très tôt que j’avais besoin d’un métier concret, tourné vers l’humain. C’est ce qui m’a naturellement conduit vers la formation d’aide soignant.

Au départ, je pensais que ce serait un second choix. Mais j’ai rapidement découvert un métier d’une richesse insoupçonnée, porté par un engagement sincère : accompagner, soutenir, et offrir une présence juste à ceux qui en ont le plus besoin.

Mon tout premier poste était en service de réanimation et aux urgences. Cette expérience m’a permis de gagner en rapidité du geste et en initiative. Mais mon arrivée à Kersalic a marqué un tournant important. J’y ai découvert un autre rythme, une autre profondeur, et surtout un intérêt fort pour l’accompagnement des personnes atteintes de démence. Sous l’impulsion de ma directrice, Corinne, j’ai appris à regarder ce métier autrement : entrer dans leur monde pour mieux les rejoindre, puis les ramener doucement vers nous.

Comment définiriez-vous votre mission à Kersalic aujourd’hui ?

Votre relation avec les personnes âgées

Ma mission repose avant tout sur la construction d’une relation de confiance avec les habitants. Cet enjeu est d’autant plus important que j’évolue, en tant qu’homme, dans un environnement majoritairement féminin : il est essentiel que chacun se sente en sécurité, respecté dans son intimité et dans sa dignité.

Ce qui vous touche

Ce qui me touche au quotidien, c’est la sincérité du lien : je ne peux concevoir mon métier sans une part d’affectif et d’empathie. Ma plus grande satisfaction est de réussir à apaiser une angoisse ou de voir un habitant s’endormir sereinement.

Ce qui est le plus difficile

Le moment le plus difficile reste l’aggravation de leur état général, car je m’implique avec toute ma sensibilité. J’ai donc choisi de vivre mon métier au présent et à moyen terme, en me concentrant sur le bien-être immédiat et la journée de demain, car la temporalité en établissement demande cette présence à l’instant. Dans ce métier, on accompagne sans se projeter trop loin. On reste là, pleinement, au rythme de la personne.

La prise de conscience en travaillant ici

Travailler ici m’a également fait prendre conscience du poids des mots. Ici, nous ne parlons pas de patients, mais d’habitants. Ce vocabulaire change radicalement la qualité du soin et le sens que l’on y donne. Je veille d’ailleurs à transmettre cette exigence de langage aux stagiaires que j’accompagne.

Quels conseils donneriez-vous pour accompagner au mieux ces personnes ?

Le premier conseil est de se donner corps et âme dans l’instant présent, avec l’énergie que l’on possède à ce moment précis. Il est également crucial de reconnaître ses propres limites : en tant que soignant, il faut s’autoriser à passer le relais à un collègue si l’on ne se sent pas émotionnellement prêt à entrer dans la chambre d’un habitant. Les résidents ressentent tout, et ne pas s’écouter, c’est risquer de mal agir.

Enfin, il faut garder à l’esprit que rien ne m’appartient dans cet établissement ; la salle à manger est leur espace, leur chambre c’est « chez eux ». Ces aînés ont vécu des épreuves historiques immenses, comme la guerre, et nous avons énormément à apprendre de leur résilience et de leur richesse.

De quelle manière vous projetez-vous dans l’avenir ?

L’avenir est une question complexe. Ce métier est un véritable don de soi, et depuis que je suis devenu père, la fatigue et l’exigence de cet engagement pèsent parfois davantage. Je ne sais pas si j’exercerai cette fonction toute ma vie de la même manière, car je refuse de m’épuiser au travail. Pour l’instant, je préfère me laisser porter par le destin et voir où la vie me conduira.

Interview et photos par Séverine Cheminat

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Vendredi 29 mai

Affiche Soirée des talents 2026

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