Le lin fait sont grand retour
Le lin est une plante annuelle, ligneuse, de la famille des linacés, originaire du Caucase et peut-être d’Inde.
Longtemps cultivé en Normandie et Bretagne, il a presque disparu (après 1950) pour revenir en force ces dernières années.
La graine est semée en mars / avril, elle aime les alternances pluie / soleil. Le plant atteint environ 1 mètre après une floraison d’un bleu délicat qui ne dure que quelques heures.
À maturité on procède à l’arrachage (et non à la coupe) le pied présentant de longues fibres. Les plants restent sur place pour une macération appelée « rouissage » qui les débarrassent de leurs feuilles vertes. Ramassés ensuite, ils subiront le « teillage » qui demande beaucoup d’eau pour obtenir une fibre solide qui sera ensuite « filée ».
Aux 16ème et 18ème siècle c’était l’une des richesses de la Bretagne. Le lin était tissé sur place pour donner de grandes pièces dans lesquelles étaient taillées les voiles des navires. On les appelait les « Bretagnes » et elles étaient exportées par Saint Malo ou Roscoff vers l’Angleterre, la Hollande et l’Espagne.
Le lin a aussi servi d’habillement, il a dû céder sa place devant le coton mais il revient actuellement à la mode.
Outre le tissage de toiles, le lin fournit une huile utilisée en peinture, il est à l’origine du lino (revêtement de sol).
On trouve des traces de son ancienneté au sud de Saint-Brieuc, au centre Bretagne (il est à l’origine des calvaires célèbres).
Une « route du lin » a été organisée par un guide touristique pour retrouver les vestiges de la grande époque à Saint Thélo.
Le teillage est une opération mécanique pour séparer les fibres de leur enveloppe par broyage et battage. Une fois enlevé la partie ligneuse (chènevotte), on obtient de la filasse de 70 à 80cm. D’abord fait à la main, le teillage a été fait grâce à des moulins après 1850.
Les routoirs à lin :
Récemment remis au jour, les routoirs à lin, de Kermouster à Lézardrieux, seront valorisés pour faire connaître à tous ces éléments du patrimoine local.
Probablement aménagés au Moyen-Âge, on trouve, dans le cadastre napoléonien, des routoirs à lin.
La Mairie de Lézardrieux ayant récemment fait l’acquisition du terrain, a depuis fait classer le site au titre du « petit patrimoine rural ». Si la remise au jour de ces éléments du patrimoine a débuté en janvier, avec le dégagement des déchets et de l’importante végétation qui recouvrait les deux premiers routoirs, le chantier de valorisation est pour l’heure suspendu. La zone humide est en effet protégée, afin de permettre notamment la reproduction de plusieurs espèces animales. Si la présence d’un troisième routoir se dessine, les deux premiers, avec leurs murets de pierres sont bien visibles.
Un chantier mené avec les lycéens de Pommerit :
À travers cette valorisation du site, l’objectif de la Mairie est de rendre hommage au travail des générations passées, même si le lieu a plusieurs fois changé de fonction.
Le routoir alimenté par une source, n’a-t-il pas ainsi servi d’abreuvoir aux animaux, durant la sécheresse de 1976 ? Le chantier reprendra après une pause et lorsque les lycéens de Pommerit, très actif sur le chantier ne seront plus disponibles après leur examen.