ÊTRE AIDE-SOIGNANTE
LE TÉMOIGNAGE DE DELPHINE
Au cœur de notre « village », le soin ne se limite pas aux gestes techniques ; il réside dans l’attention portée à l’autre et dans cette chaleur humaine qui anime chaque membre de notre équipe. Aujourd’hui, nous partons à la rencontre de Delphine, aide-soignante, qui nous livre avec une sincérité touchante sa vision de l’accompagnement.
Qu’est-ce qui vous a amené à travailler dans le médico social ?
C’est un chemin très personnel, tissé au fil des années. Très tôt, j’ai été attirée par les métiers du lien, ceux où l’on accompagne autant qu’on écoute. J’ai toujours eu cette attention naturelle pour les personnes qui avancent avec plus de fragilité, ce réflexe de me mettre à leur hauteur, de prendre le temps.
Cette sensibilité m’a d’abord conduite vers le social, puis vers le médico social. J’ai exploré d’autres horizons, notamment l’hôpital général, mais le fil de ma trajectoire m’a toujours ramené vers les personnes âgées. C’est auprès d’elles que je me sens la plus alignée, la plus utile. Leur rythme, leur histoire, leur confiance m’invitent à un accompagnement profondément humain. C’est là que je trouve ma place, et c’est là que j’ai choisi d’ancrer ma carrière.
Comment définiriez-vous votre mission aujourd’hui ?
Votre relation avec les personnes âgées
Ma mission, c’est avant tout d’accompagner. Quand j’entame ma journée, mon souhait le plus simple, et le plus essentiel, est d’aider les habitants à traverser la leur avec douceur, qu’ils se sentent bien, en confiance. J’essaie d’insuffler un peu de mouvement, de sens, parfois même une petite étincelle dans leurs yeux.
C’est un métier où l’on engage tout son être. Les habitants perçoivent nos émotions, nos forces comme nos fragilités. Alors, lorsque la fatigue se fait sentir, je prends un peu de distance pour ne pas leur transmettre un poids qui n’est pas le leur.
Ce qui vous touche
Leur vulnérabilité me touche profondément : si je les vois pleurer, je suis immédiatement mobilisée, attentive, présente pour les apaiser. Travailler ici, c’est mettre son cœur et son empathie au service du quotidien ; c’est, au fond, ce qui donne tout son sens à ma mission.
Quelle conscience avez-vous prise en travaillant ici, à Kersalic ?
J’ai toujours eu cette attention pour l’humain, mais Kersalic m’a permis de la vivre pleinement. Ailleurs, certains modes de fonctionnement plus “automatisés” allaient à l’encontre de mes valeurs. Ici, on peut construire un accompagnement qui a du sens. On n’avance pas seul, il y a une écoute réelle, une bienveillance qui part de la direction et se retrouve dans toute l’équipe.
Votre expérience passée vous conduirait à donner quel conseil pour accompagner nos aînés ?
Mon conseil est simple mais essentiel : les écouter. Si l’on veut réussir un soin ou un accompagnement de qualité, l’écoute est le point de départ indispensable. On ne peut pas aller contre leur volonté ou leurs besoins ; tout doit partir d’eux. Quand le résident sent qu’il est pris en compte, tout devient plus fluide et gratifiant pour tout le monde.
De quelle manière vous projetez-vous dans l’avenir ?
C’est une question délicate car l’équilibre actuel est précieux. J’ai envie de vivre cette aventure humaine longtemps, tant que les conditions de dynamisme et d’humanité que nous connaissons perdurent.
Interview et photos par Séverine Cheminat


