QUAND LA TECHNIQUE NOURRIT LE LIEN
LE PARCOURS DE FRÉDÉRIC
À Kersalic, chaque professionnel contribue à la qualité de vie des habitants à travers des missions complémentaires. Parmi eux, Frédéric occupe un rôle mêlant technique, communication et présence quotidienne auprès de l’équipe comme auprès de nos aînés. Son parcours atypique et son sens du service donnent une couleur particulière à son engagement. Nous l’avons rencontré pour comprendre son parcours et la manière dont il conçoit son rôle au sein du village.
Qu’est-ce qui vous a amené à travailler dans le médico-social ?
« C’est ce que j’appellerais un « heureux hasard ». Avant d’arriver ici, mon univers était celui du numérique et du design graphique ; je créais des sites internet et des packagings pour une marque de nutrition sportive. Ma vie a pris un tournant lorsque je me suis rapproché de mes racines bretonnes pour ma famille.
Je suis passé par des expériences très diverses, de l’épicerie à l’entretien, avant que mon profil atypique ne croise la route de Kersalic. On cherchait quelqu’un capable d’allier la maîtrise technique à une présence sur le terrain. J’ai commencé un lundi, et depuis, mon parcours ici n’a cessé de s’enrichir. »
Comment définiriez-vous votre mission aujourd’hui ?
« Ma mission a grandement évolué. Aujourd’hui, je porte plusieurs casquettes : je suis à la fois un facilitateur technique et un créateur de contenu. Les habitants m’identifient comme « Fred », celui qui répare un problème d’internet ou un téléphone, mais aussi celui qui conçoit Le Petit Kersalic, ce journal qu’ils attendent chaque semaine avec impatience.
Ce qui me touche particulièrement, c’est de voir que la technique peut générer de l’émotion. Quand une famille me remercie parce qu’elle s’est vue sur une photo ou participer à une activité via notre communication, je sens que mon travail a un sens profond.
Le plus difficile reste la gestion du temps, car l’informatique est une tâche souvent invisible et chronophage. Il faut savoir hiérarchiser les urgences pour que le service soit continu et que l’ambiance reste sereine pour tous. »
Quelle conscience avez-vous prise en travaillant ici à Kersalic ?
« J’ai pris conscience que je n’étais plus là pour « vendre » un produit, mais pour servir une cause noble et humaine. Ici, on ne parle pas de rentabilité, mais d’échange et de partage.
Surtout, j’ai intégré une philosophie essentielle : ce ne sont pas les habitants qui viennent vivre sur mon lieu de travail, c’est moi qui viens travailler sur leur lieu de vie. Comme me le disait mon grand-père : « Quand tu vas chez quelqu’un, tu n’arrives jamais les mains vides, et tu ne repars jamais les mains vides ». À Kersalic, j’arrive avec ma technicité et ma bienveillance, et je repars chaque jour riche de leurs sourires et de leurs histoires. »
Votre expérience passée vous conduirait à donner quel conseil pour accompagner nos habitants ?
« Au début, j’ai voulu répondre immédiatement à chaque sollicitation sans distinction. Avec le temps et l’expérience, j’ai appris à comprendre les pathologies et les besoins réels derrière chaque demande.
Mon conseil serait de privilégier la sérénité globale. Il ne s’agit pas seulement de résoudre un problème technique, mais de créer une atmosphère où l’habitant se sent joyeux et entouré. L’observation et l’esprit critique sont nos meilleurs outils pour trouver des solutions, même provisoires, afin de maintenir ce confort de vie. »
De quelle manière vous projetez-vous dans l’avenir ?
« L’avenir est un terrain à défricher puisque nous ne savons jamais de quoi il est fait. Nous avons la chance d’avoir une direction qui impulse une vision moderne de l’EHPAD de demain. Pour ma part, Je m’oriente là où mes compétences sont utiles et ou je peux apporter une réelle valeur. Que ce soit pour mettre en place une chaîne de télévision interne ou de nouveaux systèmes d’appel, je m’adapterai. Tant que je pourrai contribuer au collectif et donner du sens à ce que je fais, je serai à ma place. »
Interview et photos par Séverine Cheminat


